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L’art du tissage au Néolithique

Fabienne Médard

L'art du tissage au Néolithique

IVe-IIIe millénaires avant J.-C. en Suisse

CRA-Monographie n° 30
ISBN
978-2-271-06802-6
à paraître, 2010 - 24 x 31,5 - 266 p.

Consacré à l’artisanat textile sur les sites néolithiques du Plateau suisse, cet ouvrage fait suite à une publication dédiée aux activités de filage fondée sur les données issues des mêmes gisements (Médard, 2006, CRA 28). En filiation directe avec la précédente recherche, il permet d’aller au bout du processus opératoire de production des textiles néolithiques et de mener la réflexion à son terme. Les nombreux poids de tisserand, les restes de tissus remarquablement préservés et la connaissance des fibres textiles utilisées forment un ensemble de données suffisamment riche et complet pour dresser le bilan des activités de tissage sur les sites néolithiques littoraux.
L’examen diachronique des poids de tisserand met en évidence une évolution entre le Néolithique moyen et le Néolithique final. Changements morphologiques, allégement et qualité de cuisson attestent de modifications liées à l’apparition de nouveaux besoins, de nouveaux modes de fabrication et à l’exploitation de matières textiles jusqu’alors inusités. L’analyse des tissus révèle l’existence de deux catégories de vestiges obtenus à l’aide de techniques différentes : les techniques cordée et tissée. La distinction va au-delà des choix de fabrication : les étoffes cordées néolithiques se signalent comme des biens ordinaires destinés à des usages variés ; inversement, les textiles tissés apparaissent comme des biens d’exception achevés à la tombée du métier. La contrainte technique n’est pas à l’origine de ces différences, car la particularité des réalisations en armure tissée tient essentiellement à la nature des fibres employées. La qualité du matériau résulte incontestablement de choix effectués en fonction de besoins et de projets déterminés à l’avance ; une dichotomie très nette existe entre les tissus confectionnés à partir de fibres de tige et ceux réalisés à partir de fibres d’écorce. Le lin est presque exclusivement réservé aux textiles en armures tissées. Confectionnés à l’aide d’une fibre choisie, ils pouvaient être destinés à des occasions particulières (rassemblements, unions, deuils, fêtes, rites, etc.) à l’échange ou au don (troc, dotes, offrandes,etc.). La valeur matérielle et sociale de ces ouvrages est manifeste, mais les observations effectuées montrent qu’il ne s’agissait pas nécessairement de vêtements ; tout au plus s’agissait-il d’accessoires vestimentaires. Les changements du Néolithique final pourraient en revanche signaler de profonds changements marqués par l’essor du tissage, cette fois peut-être destiné au vêtement.
Cet ouvrage permet d’aborder le fonctionnement des sociétés néolithiques par le biais de données jusqu’alors peu exploitées ; de façon originale, il complète les connaissances acquises au travers d’autres domaines de recherche.


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