Nos tutelles

CNRS

Rechercher



Formations recherche

Archeobios
Stage tracéologie
Stage Silex

Médiation


Accueil > Annuaire

ACQUIER Océane

Doctorante – Monuments, Textes, Images dans les sociétés anciennes et médiévales

Contact : oceane.acquier@cepam.cnrs.fr
- Directrice : Rosa-Maria DESSÌ
- Université Côte d’Azur
- Date du début de la thèse : 01/10/2015
- Mots-clefs : Peinture murale, Culture visuelle, Prédication, Arc Alpin, Objet épigraphique
- Sujet de thèse : Ecritures, signes graphiques et paroles dans les peintures murales des lieux de culte du sud de l’arc Alpin du XIVème au XVIème siècle (Provence orientale, Ligurie, Piémont)

CURSUS UNIVERSITAIRE

- Master Histoire et Archéologie des Mondes Anciens et Médiévaux, 2015
- Licence Histoire de l’Art et Archéologie, Université Bordeaux 3 Montaigne, 2013

PROJET DE THÈSE

Présentant une grande variété graphique, de couleurs, de formes des cadres dans lesquels elles sont insérées, mais aussi de langues et dialectes, ces écritures peintes ou parfois ces signes graphiques (qui imitent l’écriture) nouent une relation complexe, qu’il importera d’étudier, avec l’image à laquelle ils se réfèrent. Les images et les textes peints renvoient à une culture visuelle liée à l’acte verbal, aux paroles peintes (celles, par exemple, de dialogues entres les personnages, mis en scène dans les peintures) et aux paroles réellement prononcées, dans ces lieux peints, lors de prédications. L’objectif est de décrypter les codes et les fonctions de ces images particulières qui correspondaient au mode de communication d’une époque donnée. Les commanditaires, les concepteurs et les réalisateurs de ces œuvres, leurs spectateurs, lettrés ou illettrés, sont autant d’agents sociaux qu’il convient d’étudier pour comprendre la genèse, la diffusion et la réception de cette culture visuelle. Le corpus envisagé dans mon étude et l’angle d’approche adopté pour cette thèse sont, en l’état actuel de la recherche, largement inédits et originaux.

Le dernier travail d’une certaine ampleur portant sur les peintures murales des régions au sud des Alpes à la fin du Moyen Âge est celui de Marguerite Roques, publié en 1961, portant sur les peintures du sud-est de la France. M. Roques avait perçu l’importance des inscriptions au sein des images et leur fonction de signes visuels signifiants [Roques 1961, p. 74-79]. La plupart des travaux postérieurs ont certes relevé, dans un certain nombre de cas, les inscriptions, en en proposant parfois une transcription, mais sans que le texte soit étudié dans son rapport avec l’image. Des travaux récents consacrés aux peintures murales romanes, comme ceux de Vincent Debiais [2010], ont en revanche renouvelé l’étude des rapports entre images et textes. C’est de ce type de démarche que je m’inspirerai en m’efforçant en outre d’analyser avec précision la place des images et des inscriptions au sein des monuments, comme y invitent les travaux menés au CEPAM au sein de l’équipe MTI (« Monuments Textes Images dans les sociétés anciennes et médiévales »).

Le premier volet de la thèse consistera à réaliser un inventaire et une banque de données prenant en compte la pratique artistique des textes peints. Plus de deux cent quatre-vingt peintures murales avec inscriptions ont ainsi été comptabilisées. Le recensement nécessite des prospections pédestres, des clichés et la numérisation du corpus sur une médiathèque hébergée au sein du laboratoire du CEPAM. Chacune des photographies insérées dans la base de données numériques est détaillée et commentée dans l’optique d’une analyse couplée inscriptions-images.

Les données jusqu’à présent collectées ont servi à la réalisation de cartes « traditionnelles » et de schémas qui se sont avérés certes utiles, mais qui pourraient (et cela constitue le deuxième volet de ma thèse) être travaillés désormais à partir d’un S.I.G. (ArcGis). La modélisation spatio-temporelle de l’information permettrait d’étudier les interactions entre les agents sociaux itinérants ou non (prédicateurs, peintres, commanditaires, fidèles...), ainsi qu’entre eux et l’environnement, dans la production des peintures murales comportant des inscriptions, grâce à des calques superposables, au sein d’une même carte de base. Les cartes pourraient rendre visibles des données ponctuelles : la langue utilisée (ou les langues utilisées : latin et/ou vernaculaire) dans les inscriptions au sein de la même œuvre ou dans la même aire géographique. En jouant des échelles, nous pourrions visualiser l’emplacement d’une forme donnée d’inscriptions au sein d’un cycle peint, mais aussi l’emplacement de celui-ci au sein du bâtiment, au sein d’un village, au sein d’une vallée, etc. Des collaborations avec des géomaticiens et des cartographes permettraient de modéliser les données du recensement.

Dans une troisième partie, il s’agira de tirer profit des données recueillies dans l’inventaire et résultant de la modélisation spatio-temporelle en les croisant avec les données plus historiques et textuelles dans une approche attentive aux liens entre images, textes peints et paroles effectives. En effet, cette culture visuelle est en rapport direct et étroit avec les thèmes de sermons prononcés par les prédicateurs à la fin du Moyen Âge. Il semble qu’un grand nombre d’images et de textes peints s’explique par la pratique de la prédication des ordres mendiants qui sillonnaient la Péninsule italienne et le Midi de la France. Le thème de l’exclusion pourrait faire l’objet d’une étude plus approfondie. Comment les prédicateurs ont-ils traité les thèmes de l’usure, des juifs, des sorcières, des guelfes et des gibelins ou le rôle des hommes de loi tout en collaborant à la mise en place d’un arsenal idéologique légitimant exclusions, pogroms et procès ? Quel rapport peut-on établir entre la parole des prédicateurs (et des Inquisiteurs) et la culture visuelle qui véhiculait les mêmes thèmes au moyen du pinceau ?

Ce projet a une ambition pluridisciplinaire, à la fois historique dans les liens entre les images et la prédication, géographique dans la modélisation des données, linguistique dans l’étude des inscriptions et en rapport avec l’histoire de l’art dans les analyses figuratives.

COMMUNICATIONS :

Conférence, séminaires et journée d’étude

  • ACQUIER O., Texte, Image et Parole dans les peintures murales des lieux de culte du sud de l’arc alpin (XIVe-XVIe siècle), Séminaire CEPAM, Lazare et le mauvais riche : mise en texte, mise en images, mise en drame, Nice (07/04/2017)
  • ACQUIER O., DESSÍ R.-M., Les capitaines de l’enfer dans les peintures murales des lieux de culte du sud de l’arc alpin (XIVe-XVIe siècle), Journée d’étude Artistes & Commanditaires : circulations et transferts culturels, Pau (10/03/2017)
  • ACQUIER O., L’objet épigraphique dans les peintures murales des lieux de culte du sud de l’arc alpin (XIVe-XVIe siècle), Séminaire permanent sur l’écriture médiévale en dehors du monde manuscrit, Poitiers (03/02/2017)
  • ACQUIER O., DAVTIAN G., DESSÍ R.-M., Les peintures murales des lieux de culte du sud de l’arc alpin du XIVème au XVIème siècle (Provence orientale, Ligurie, Piémont). Images, textes peints et prédication, Conférence francophone ESRI, Versailles (06/10/2016)
  • DESSÍ R.-M., ACQUIER O., Anthropologie des images et constitution d’une base de données des peintures murales du sud de l’arc alpin (XIVe-XVIe siècle), Séminaire MSHS, Axe 4 « Territoires, systèmes techniques et usages sociaux », Nice (17/03/2015)

Grand Public

  • Premier prix du jury lors du concours « Ma thèse en 180 secondes », Université Côte d’Azur, Nice (25/04/2017).

Direction

Secrétariat

Tél : 33 (0)4 89 88 15 19
cepam@cepam.cnrs.fr

Venir au CEPAM : plan et indications

Pour venir au CÉPAM

Université Nice Sophia Antipolis
Pôle Universitaire Saint Jean d’Angély
SJA 3 – CEPAM UMR7264 – CNRS – UNS
24, avenue des Diables Bleus
F - 06357 Nice Cedex 4

Visualiser la carte