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Accueil > Équipes de recherche > Domaines de compétences > « Paléodémographie : approches démographiques et sanitaires

Anthropologie biologique

Pour comprendre les mécanismes démographiques régissant les sociétés anciennes, il faut s’appuyer sur une gamme étendue de sources et de techniques, chacune étant susceptible d’apporter des informations originales. Ainsi, parmi les domaines d’étude des anthropo-démographes, sont privilégiées les recherches portant sur l’estimation du sexe et de l’âge, une meilleure définition de l’état sanitaire et la mise en évidence de l’impact des migrations.

Indicateurs d’âge
Pour estimer les paramètres démographiques de populations pour lesquelles n’existent aucune donnée enregistrée de l’âge (c’est le cas de la plupart des séries ostéo-archéologiques), le paléodémographe ne dispose que d’indicateurs du stade d’évolution biologique des individus (croissance pour les sujets immatures et vieillissement pour les adultes). Or, malnutrition, maladies infantiles et épidémies perturbent la croissance de même que conditions sanitaires et patrimoine génétique influent sur le vieillissement. C’est pourquoi aucun des indicateurs d’âge actuellement disponible ne présente une bonne corrélation statistique avec l’âge « vrai ».
La mise au point de méthodes statistiquement éprouvées nécessite donc une réflexion sur les indicateurs biologiques d’âge et la recherche d’un bon indicateur biologique reste un objectif primordial en paléodémographie. Dans le cas des adultes, nous étudions la possibilité d’utiliser, non plus le degré de synostose des sutures crâniennes mais le nombre de couches de cément dentaire. Celui-ci se déposant autour de la racine des dents selon une périodicité annuelle, il est possible de déduire un âge au décès du sujet par un examen microscopique. Toutefois, l’estimation étant toujours assortie d’une marge d’erreur due à la variabilité de l’âge d’apparition des dents, à des pathologies ou à des erreurs de comptage. Le travail consiste donc maintenant à préciser cette marge d’erreur afin de déterminer si ce nouvel indicateur peut remplacer utilement la synostose des sutures crâniennes (I. Séguy, S. Naji, L. Buchet, C. Rücker).
Dans le cas des sujets immatures, nous avons proposé l’utilisation d’une nouvelle cotation du degré de calcification dentaire mais il est difficile d’estimer un âge au décès précis dans le groupe d’âges 15-20 ans car il se trouve à la jonction des méthodes mises au point pour les immatures et les adultes. Il est donc nécessaire d’adapter les méthodes existantes ou d’en proposer de nouvelles en testant des indicateurs spécifiques à ce groupe d’âges (comme, par exemple, la synostose des épiphyses des os post-crâniens). Une première réflexion a été présentée dans le cadre des travaux d’un « Atelier Condorcet » (Buchet, Séguy, 2012).

Sexe et âge
Le sexe des adultes est déterminé le plus souvent d’après les caractéristiques morphologiques du bassin mais, en l’absence de ce dernier, ce qui est fréquent en contexte archéologique, il est possible de s’appuyer sur des données descriptives ou métriques du crâne et des os longs. Des recherches méthodologiques (G. Quatrehomme, V. Alunni et L. Buchet) sont en cours (comme l’application de fonctions discriminantes à des mesures crâniennes et fémorales) et font l’objet de publications régulières.
La question de la détermination du sexe des enfants reste posée ; en dehors d’une approche génétique, aucune méthode anthropologique ne propose de solution statistiquement acceptable.
 
L’estimation de l’âge au décès des enfants s’appuie sur des critères de modifications du corps liés à la croissance. Nous avons proposé en 2011 (Manuel de paléodémographie. Séguy et Buchet, 2011) une méthode originale et simple fondée sur la minéralisation dentaire. Pour suivre au mieux les spécificités archéologiques, nous développons actuellement des approches complémentaires permettant une sélection raisonnée des dents utilisées pour le calcul (A. Bringé, L. Buchet, I. Séguy).
L’estimation de l’âge au décès des adultes est complexe car elle s’appuie, non pas sur des critères de croissance, relativement constants, mais sur des critères de vieillissement, très variables d’un individu à l’autre et d’une société à l’autre. Cette question a également été développée en détail dans le Manuel de paléodémographie (Séguy et Buchet, 2011). Les méthodes proposées dans ce Manuel, pour estimer l’âge des adultes, utilisent actuellement comme indicateur d’âge biologique la synostose des sutures crâniennes.
La recherche d’un indicateur dont la fourchette d’estimation serait plus resserrée nous conduit à tester l’indicateur utilisé en cémentochronologie (I. Séguy, S. Naji, L. Buchet, C. Rücker).

Méthode TCA (Tooth Cementum Annulation)
(i. e. le nombre d’anneaux du cément dentaire)

Migrations
La perception de phénomènes migratoires, longtemps occultés mais indéniables, reste une des questions les plus controversées en anthropologie. Les différences et ressemblances biologiques entre populations trouvent leurs sources dans l’histoire des peuplements, par l’action conjuguée de facteurs biologiques, sociaux et environnementaux. La part de chaque facteur est très difficile à identifier. Certains hommes ont véhiculé des idées et des cultures matérielles, d’autres les ont adoptées. Les sociétés naissent ainsi de l’alternance entre changements et équilibres, et cette alternance est à l’origine de l’homogénéité, ou de l’hétérogénéité, des populations à un instant T de leur histoire.
En attendant de pouvoir disposer, pour de grandes séries, des informations que promettent les recherches sur l’ADN, le seul recours pour tenter d’identifier des migrants au sein d’une population repose sur l’analyse des évolutions biologiques que l’anthropologue peut mettre en évidence.

À côté des analyses anthropo-biologiques reposant sur l’observation des ossements, nous avons développé une approche originale visant à identifier des habitudes nutritionnelles grâce aux micro-striations dentaires. En effet, le choix d’un type de nourriture étant conditionné par des motivations socioculturelles, une population peut se diviser en plusieurs groupes unis par une alimentation commune s’imprimant sur les surfaces dentaires sous forme de microstriations spécifiques (Rücker, 2013).
Toutefois, pour conclure à la concordance d’un phénomène biologique avec un phénomène historique (comme une migration), la donnée anthropologique ne peut être utilisée seule et doit être croisée avec toutes les données disponibles, archéologiques et historiques.
Réussir à identifier des migrants au sein d’un groupe, et construire les modèles paléodémographiques qui prennent en compte les flux migratoires reste un objectif à atteindre. Des résultats encourageants ont été obtenus pour des sites comme Frénouville, Calvados, et Larina, Isère (Buchet, 2011, 2012 ; Séguy et al., 2013).
Une recherche est en cours dans le cadre de la Mission franco-albanaise « Basse vallée du Drin au Moyen Âge, Komani et Lezha  » (dirigée par E. Nallbani, CNRS, UMR 8167), dont l’un des objectifs est l’étude approfondie du peuplement et des échanges dans l’Illyricum occidental, de la fin de l’Antiquité à l’époque médiévale. Les premiers résultats ont été présentés au colloque « Archaeological researches in the xxist century in Albanian territories (Tirana, novembre 2013) » (Buchet, 2014).


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